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Accroupie près d’une large bassine, Adela, enceinte de six mois, frotte avec énergie le jean de Roberto, son fils aîné, et tente désespérément d’en retirer la boue. Depuis ce matin, elle a déjà nettoyé deux fois le sol de sa baraque, fait la vaisselle et la lessive. Elle est épuisée. Début juin, elle a eu une phlébite et a été emmenée à l’hôpital par les associatifs qui se rendent toutes les semaines dans le camp. Mais, malgré les piqûres que vient lui administrer une ancienne infirmière bénévole, ses jambes la font énormément souffrir. Si elle a vraiment trop mal, elle appellera les pompiers. «Eux, ils viennent tout de suite, heureusement ils ne font pas encore de distinction, ils sont là pour soigner tout le monde.»

Sa famille bénéficie de l’Aide médicale d’État depuis qu’elle est domiciliée au Centre communal d’action sociale (
CCAS) de Viry-Châtillon, il y a déjà trois ans. Ce dispositif est destiné aux étrangers en situation irrégulière résidant en France de manière ininterrompue depuis plus de trois mois. Il donne droit à la prise en charge à 100% des soins médicaux, des hospitalisations, en cas de maladie ou de maternité, et des médicaments, sans avoir à en avancer les frais. «Cela a été très difficile de l’obtenir, raconte Adela, mais heureusement, on l’a eue. C’est un problème de moins.»
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