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Coţruza, la belle-sœur d'Adela, ne bénéficie pas de l'aide médicale d'État, le CCAS de Ris-Orangis ayant refusé de la domicilier. En avril dernier, elle a accouché de son troisième enfant et n’a été prise en charge par le service des urgences hospitalières que le jour de son accouchement.

D’après une étude réalisée par l’association Médecins du Monde, comme elle, neuf femmes Roms sur dix ne sont pas suivies pendant leur grossesse. Les données disponibles montrent également qu’elles ont une faible couverture contraceptive, une fréquence plus élevée des grossesses chez les mineures et des recours à des interruptions volontaires de grossesses plus importants. Il apparaît aussi que chez 68% des patients, les maladies auraient dû être prises en charge plus tôt.

L’état de santé des Roms est ainsi très alarmant, présentant une forte prévalence des maladies chroniques et des maladies infectieuses, telle que la tuberculose. Les évacuations à répétition ne permettent pas, par ailleurs, un suivi médical régulier, une mise à jour des vaccins ni un accès au système de sécurité sociale. Elles éloignent les personnes des associations et du système de soins et entraînent des ruptures de soins, car à chaque fois, les liens tissés sont rompus. Les lieux de vie sont éclatés, moins visibles, et plus difficiles d’accès. Impossible donc de mettre en place une prévention efficace des épidémies, pourtant indispensable.

"43% des femmes Roms
ont déjà eu recours
à une IVG à 22 ans."

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CRÉDITS
Sandrine Halfen, socio-démographe à l’Observatoire régional de santé d’Île-de-France