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Adela n’était pas encore majeure et attendait son premier enfant quand elle est arrivée en France. Ici, elle pensait trouver un travail, avoir un appartement, et vivre une vie « normale », loin des discriminations dont elle était victime dans son pays. Dans les bidonvilles de la région parisienne, où elle a rejoint son mari Georges, elle a découvert ce qui allait devenir son quotidien : les baraques en bois, la boue, les insultes, les expulsions et la débrouille. « On m’avait dit qu’ici tout serait plus facile, que je trouverais un travail, mais ce n’est pas du tout comme ça que ça s’est passé », confie-t-elle.

Après avoir vécu pendant deux ans et demi dans une ancienne caserne de gendarmerie à Viry-Châtillon, en Essonne, elle a été logée plus d’un an dans un hôtel social et a finalement été mise à la rue du jour au lendemain. C’est à ce moment-là, en novembre 2012, qu’elle a rejoint le bidonville de la nationale 7 à Ris-Orangis, où étaient déjà installés plusieurs frères et sœurs de Georges, ainsi que leurs familles et des voisins du village roumain. Comme eux, près de 20 000 Roms ont quitté leur pays pour vivre une vie meilleure en France. La moitié d’entre eux se trouve en région parisienne, sans possibilité de trouver un logement décent.
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